Césarienne

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L’avènement de la césarienne et surtout des antibiotiques et des moyens anesthésiques a changé la vie des femmes et des sociétés, ainsi que le pronostic des grossesses. Elle a permis de sauver les femmes en couches et/ou leurs nouveau-nés.

Mais force est de constater que cette opération sécurisante pour les parents et les médecins, mais non dénuée de complications ni de désagréments, a tendance à augmenter de façon inquiétante, surtout dans les milieux surmédicalisés que sont les les cliniques privés, tandis que le taux nécessaire reste bien bas dans les structures hospitalières publiques, faute de politique adéquate et équitable.

Dans les structures privées où la femme passe du statut de patiente ou de parturiente à celui de cliente, la tendance va vers une surveillance renforcée afin de guetter le moindre pépin, et vers une action volontariste pour finir l’accouchement au moindre doute.

Il faut dire que l’accouchement sécurisé requiert une équipe, une surveillance et du temps, puisque ce dernier peut se déclencher à n’importe quel moment du jour et surtout de la nuit, et requiert un accompagnement et une surveillance de plusieurs heures. Dans une atmosphère qui lie les femmes enceintes de façon presque viscérale à leurs gynécologues, il devient très difficile de suivre sereinement un accouchement et, le cas échéant, d’intervenir en cas de besoin. La nature même des rapports gynécologue-parturiente (cliente) ne le permet plus, en plus de la façon d’exercer des gynécologues qui travaillent dans un cabinet en dehors des murs des maternités. Leurs déplacements et leurs présences physiques deviennent ainsi stressants et problématiques, d’où le recours assez facile à la césarienne.

La césarienne n’est pas une sinécure

Ceci dit, il y a bien évidement énormément d’indications pour que la césarienne se fasse avant le début du travail ou pendant ce dernier si une anomalie se présente, mais il n’y a aucune indication pour que toutes les femmes qui ont été enceintes par fécondation in vitro aient systématiquement une césarienne parce que ce bébé est «précieux», ou pour réaliser des césariennes dès le huitième mois parce que le gynécologue part en vacances ou qu’il a peur que sa patiente aille ailleurs.

On peut se retrouver avec un nouveau-né qui a des difficultés à respirer et peut même passer quelques jours en néonatologie. J’ai eu des informations sur des décès de nouveau-nés suite à des détresses respiratoires à cause de cette précipitation et course en avant…

Par ailleurs, la césarienne n’est pas une sinécure : un nombre important de complications y sont liées mais jamais pointées du doigt par les obstétriciens pour ne pas effrayer les jeunes mamans. Cela va de la douleur sans commune mesure avec un accouchement par les voies naturelles, l’inconfort qui empêche les mamans de s’occuper correctement de leurs nouveau-nés et sont parfois facteurs d’arrêt prématuré de l’allaitement. Sans parler des risques d’infections, de phlébites voire d’embolies pulmonaires.

Sans être alarmiste, nous sommes tous d’accord pour dire que tout excès est mauvais. Dans le secteur privé marocain qui ne connaît que 15 à 20% des accouchements du pays, on a un taux de césarienne qui avoisine les 65% dans de nombreuses structures, certaines avoisinant sans sourciller les 80%. Ceci occasionne une morbidité importante et un excès de consommation de médicaments, et bien évidement de ressources financières, tant des assurances que des couples eux-mêmes.

Parmi les solutions salvatrices : la préparation aux accouchements et de bonnes pratiques de l’obstétrique, dans des cliniques où les sages-femmes reprennent leurs rôles de surveillance et de gestion du travail et de l’accouchement. Tant que les accouchements seront surmédicalisés, le taux de césarienne dans les cliniques restera élevé et tendra même à augmenter à cause des grossesses tardives, de la phobie des jeunes mamans vis-à-vis de l’accouchement et de la précipitation qui entoure la mise au monde. Surtout le premier qui, en principe bien géré (surtout au niveau de la douleur et de la qualité des contractions), peut durer huit heures environ…

Huit heures avec un accouchement par les voies naturelles, cela s’appelle de l’Art de l’Obstétrique… Alors qui voudrait encore s’essayer à cet art si naturel et si magique ? Et pour cause, il se termine quand ça se passe bien, par le sourire d’une maman heureuse et accueillante et d’un nouveau-né en bonne santé...


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Taux alarmant et cout exorbitant:

Une étude réalisée par la Cnops et publiée par la revue  "Point de vue" a révélé des taux alarmants  du recours à la césarienne au Maroc. Selon l’étude, le taux de césariennes ou d'épisiotomies national au cours de la dernière décennie est en hausse croissante passant de 35 pour cent en 2006 à 49 pour cent en 2011, et a continué à grimper pour atteindre 59 pour cent en 2016 dépassant le seuil recommandé par l’OMS  qui est entre 5% et 15%. Dans des villes comme Rabat, Casablanca, Fès, barrière et à Agadir ce taux avoisine les  80 Le record est pour la ville Dd4essaouia avec 95 pour cent !

Les publications de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) expliquent que rien, sur le plan médical, ne saurait justifier de dépasser un taux de naissances par césarienne de 10 à 15%. Le Maroc dépasse la Chine (50%) et, de loin, l’ensemble des pays européens (14 à 35%). Par exemple, avec pas plus de 21% en France, le recours à cette opération est considéré comme relativement élevé et fait déjà suspecter des abus.

Selon le CNOPS La césarienne a la cote car elle est non seulement mieux remboursée que l’accouchement par voie basse, mais elle est aussi moins douloureuse et plus sûre. Elle est  prescrite par les prestataires de soins pour maximiser leurs gains. . Aujourd’hui, une naissance par césarienne peut rapporter jusqu’à 15 000 DH pour la clinique, voire 20000DH si la patiente est logée dans une suite de luxe. En moyenne, la facture est trois fois plus élevée qu’un accouchement par voie basse. Elle peut être limitée au double chez le peu d’établissements qui respectent la tarification nationale de référence (TNR) dans laquelle le prix de l’accouchement normal est fixé à 4 000 DH et celui de la césarienne à 8 000 DH.

Cette situation engendre un coût de 43 milliards pour le CNOPS. L'étude a également examiné d'autres données relatives à la santé maternelle et infantile et les engagements du Maroc à cet égard