Le Maroc : Halte à l'usage du mercure

  • 01 fév 2014

  • Par : pharmapresse

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Le projet de loi relatif à l’adoption de la « Convention Minamata » a été publié sur le site du secrétariat général du gouvernement (SGG) le lundi 26 janvier 2015 .

La convention de Minamata est un traité international dont l’objectif est de protéger la santé humaine et l'environnement contre les émissions et les rejets anthropiques de composés de mercure. La Convention porte le nom de la ville japonaise Minamata qui a connu un incident dévastateur d’empoisonnement au mercure.

Cette convention avait été signée par plus de 140 pays, dont le Maroc, le 10 octobre 2013, à l’occasion d’une réunion organisée sous l’égide de l’ONU à Kumamoto, au Japon. Les membres signataires s’engageaient alors à ne plus importer, ni produire, ni − à terme − utiliser de mercure, en raison de sa toxicité pour l’environnement et la santé.

Il est à noter qu’en 2010 déjà, le ministère de la santé avait émis une circulaire en date du 6 octobre 2010, décidant du retrait des certificats d’enregistrement de thermomètres à mercure et l’interdiction de leur commercialisation. Cinq ans plus tard, ce genre de thermomètre existe toujours malheureusement dans le commerce et notamment chez certaines pharmacies et parapharmacies. En France par exemple, la vente des thermomètres à mercure est interdite depuis 1998.

Il est à signaler qu' à part les thermomètres à mercure, l’éventuelle adoption du projet de loi 05-15 au Maroc impliquera l’interdiction de production et/ou d’importation de tous les produits contenant. des composés à base de mercure dont plusieurs types de batteries, de lampes fluorescentes, de produits cosmétiques, de pesticides ainsi que d’équipements médicaux ( tensiomètres ).

Minamata : l’empoisonnement au mercure.

L' appellation la « Convention Minamata » est d'une importance symbolique : la ville a connu un incident dévastateur d’empoisonnement au mercure, au Japon, entre les années 1930 et 1968, Chisso, une usine fabricant du plastique a rejeté d'importantes quantités de produits contenant du mercure dans la baie de Minamata. Les habitants de la région, se nourrissant de poissons et fruits de mer locaux, ont alors souffert de la maladie dite de Minamata dont les effets se manifestent par des difformités physiques et des maladies mentales. Plus d'un millier de personnes en sont mortes et aujourd'hui encore, plus de 3000 personnes en souffrent.

Les produits au mercure visés par la Convention.

En adoptant la Convention de Minamata, les gouvernements se sont accordés sur un certain nombre de produits, dont la fabrication, l'importation et l'exportation seront interdites d'ici 2020. Ces produits peuvent être remplacés par d'autres, qui seront introduits à mesure que ceux qui contiennent du mercure seront éliminés. Il s'agit des produits suivants :

• Batteries, à l'exception des piles bouton utilisées dans les dispositifs médicaux implantables Commutateurs et relais

• Certaines lampes fluorescentes compactes • Lampes fluorescentes à cathode froide et lampes fluorescentes à électrode extérieure

• Savons et cosmétiques (le mercure est utilisé dans des produits visant à éclaircir la peau)

• Certains appareils médicaux (thermomètres et tensiomètres, sphygmomanomètres)