Syndrome du bébé secoué

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Syndrome du bébé secoué

Syndrome du bébé secoué

Le syndrome du bébé secoué (SBS) s’observe lorsqu’un bébé ou un jeune enfant est secoué violemment, et parfois à répétition (encore et encore), que sa tête frappe ou non quelque chose. Les effets peuvent être très graves, y compris des traumatismes permanents ou même la mort.

Le syndrome du bébé secoué est un type de traumatisme crânien non accidentel, qui peut être responsable des problèmes suivants :

  • des dommages au cerveau de l’enfant,
  • des invalidités permanentes, comme la cécité ou la paralysie,
  • la mort.

Les enfants de moins d’un an sont les plus vulnérables parce qu’ils pleurent plus souvent, mais les enfants plus âgés peuvent aussi subir des blessures graves s’ils sont secoués violemment. Aucun enfant, quel que soit son âge, ne devrait être secoué, quelle que soit la situation.

Gestes à éviter

Ne pas secouer violemment un enfant en bas âge demeure l'attitude indispensable à connaître. Les parents doivent apprendre à éviter de s'énerver et de secouer leur enfant lorsqu'il pleure. Ne pas le porter dans ses bras et jouer en le faisant bouger ou en faisant des mouvements de rotation, comme « faire l'avion ». Si un bébé pleure, s'agite, s'énerve, il ne faut pas le secouer pour tenter de le stimuler. Ne pas craquer si un enfant pleure : déposer le bébé dans un landau ou bien se rendre chez des amis, de la famille ou des voisins. 

Gestes à ne pas faire quand il pleure

Les pleurs d'un bébé sont une des causes les plus fréquentes des bébés secoués. Les parents supportent difficilement les pleurs excessifs de leur enfant, perdent patience et le secouent pour le calmer. 

Symptômes

Après avoir été secoué, le bébé peut :

S'il présente l'un ou l'autre de ces symptômes, il faut appeler immédiatement le 911

  • devenir irritable
  • être somnolent
  • vomir
  • avoir de la difficulté à respirer
  • trembler ou
  • avoir des convulsions.

Tout peut être invisible...

Le plus souvent, les blessures se trouvent à l'intérieur du cerveau et de la tête et ne se voient pas à l'œil nu. Ainsi, l'incidence du syndrome du bébé secoué est sous-estimée en raison de la difficulté de son dépistage.

En effet, les symptômes qu'il provoque ne lui sont pas exclusifs. Les signes et symptômes du SBS peuvent passer inaperçus ou être confondus avec d'autres problèmes de santé comme une chute mineure, des régurgitations, des pleurs ou de l'irritabilité. Habituellement, le bébé secoué ne présente pas de fièvre ou de diarrhée. 

Le nombre de cas de syndrome du bébé secoué est donc difficile à établir au Québec comme ailleurs. Une augmentation des cas de SBS a cependant été observée au CHU Sainte-Justine. On estime à plus de 30 cas par année l'incidence du SBS à l'échelle québécoise. Mais ce faible chiffre représente uniquement les cas de SBS les plus graves qui ont nécessité des soins d'urgence et une hospitalisation.

Une étude démontre que le geste de secouer un bébé ou un enfant de moins de 2 ans serait beaucoup plus fréquent et se produirait dans 5 % des familles. 

conséquences

Quelles lésions cérébrales provoque-t-il ?

Les principales atteintes cérébrales sont l’hématome sous-dural plurifocal, l’hémorragie sous-arachnoïdienne, l’œdème cérébral ou/et les contusions cérébrales. Elles sont dues, d’une part aux lésions de cisaillement de la substance blanche provoquées par les mouvements d’accélération et de décélération de la tête lors du secouement, et d’autre part à l’ischémie diffuse.

Quelles sont les conséquences de ces lésions ?

Le secouement expose le très jeune enfant, plus fréquemment le nourrisson, à un risque de décès immédiat ou de handicaps dont il est difficile de connaître l’étendue et les conséquences à la phase précoce du diagnostic. 
La mortalité globale après un SBS est en moyenne de 21,6% variant de 10 à 40% selon les études et les principales séquelles sont un retard psychomoteur, un déficit psychomoteur à type d’hémiplégie ou de quadri hémiplégie spastique, une épilepsie, un déficit visuel, des troubles du langage, des troubles du comportement à type d’agitation, un manque d’attention, et une microcéphalie. 
Ces séquelles sont plus graves que dans les traumatismes crâniens accidentels et sont majorées par l’âge de survenue inférieur à six mois, le trouble de vigilance avec coma à l’admission, des convulsions initiales, le recours à l’intubation initiale, la présence d’hémorragies rétiniennes importantes, et la présence d’une fracture du crâne, témoin d’un impact associé.
La gravité des lésions et le taux de récidive du secouement estimé à plus de 50% des cas soulignent l’importance de reconnaître ce syndrome.

Reconnaître et prévenir ce syndrome

Afin de sensibiliser le grand public et d’aider les professionnels de santé à mieux le repérer et le diagnostiquer, une audition publique à l’initiative de la Société française de médecine et de réadaptation (SOFMER) avec le soutien méthodologique de l’HAS a été réalisée avec les objectifs suivants:

 

  1. améliorer la reconnaissance du syndrome du bébé secoué par les professionnels de santé et d’en préciser la démarche et les critères diagnostiques, 
  2. identifier les mécanismes lésionnels possibles, 
  3. définir la conduite à tenir pour protéger le nourrisson.

 

Les conclusions de cette audition ont fait l’objet d’une publication de recommandations pour la conduite du diagnostic et la protection des enfants. 

 

Elles préconisent en effet d’évoquer systématiquement le diagnostic de secouement devant des symptômes neurologiques et des signes moins spécifiques tels que des vomissements, une pâleur, ou encore un changement inexpliqué du comportement du nourrisson.

En fonction des lésions observées, une grille de critères permet de classer le secouement en quatre catégories diagnostiques: 

 

  • diagnostic hautement probable, voire certain 
  • diagnostic probable, 
  • diagnostic possible 
  • diagnostic écarté.

 

Source : Revue des Maladies de A à Z 

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