Maladie de Crohn

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Maladie de Crohn

Maladie de Crohn

La maladie de Crohn est une maladie qui provoque une inflammation et uneirritation d'une partie de l'appareil digestif, aussi appelé appareil gastro-intestinal (GI).

L’inflammation peut toucher n’importe quelle partie du tube digestif, de la bouche à l’anus. Mais la partie la plus couramment affectée est celle se situant à la partie extrême de l'intestin grêle, à sa jonction avec le côlon, que l’on appelle l'iléon.

Causes

La cause de la maladie de Crohn reste inconnue. Cependant, les chercheurs penchent vers le résultat d'uneréaction anormale du système immunitaire de l'organisme.

Normalement, le système immunitaire protège contre les infections en identifiant puis en détruisant les bactéries,virus et autres organismes étrangers potentiellement nocifs. Les chercheurs envisagent que la maladie de Crohnserait le résultat d’une défaillance du système immunitaire, qui attaquerait les bactéries, les aliments et d'autres substances qui sont en fait inoffensifs ou bénéfiques.

Symptomes

Les symptômes de la maladie de Crohn ne sont observés que lors des poussées. De survenue et de durée imprévisibles, ces crises se produisent généralement tout au long de la vie, avec des périodes de rémission (absence totale ou quasi-totale de symptômes) pouvant aller de quelques semaines à plusieurs mois, voire des années. Chez 10 à 20 % des patients, la première poussée de la maladie de Crohnest suivie d'une période de rémission durable.

Les différentes formes de maladie de Crohn

Selon la localisation des lésions, on distingue différentes formes de maladie deCrohn.

La maladie de Crohn dite « colique pure »

Lorsque la maladie de Crohn n’affecte que le côlon, elle se traduit plutôt par des diarrhées, la présence de sang dans les selles et des maux de ventre.

La maladie de Crohn dite « iléale pure »

Lorsque la maladie de Crohn n’affecte que l’iléon, elle se traduit plutôt par des douleurs dans la partie basse du ventre située à droite, des nausées et des diarrhées.

La maladie de Crohn « œsophago-duodénale »

Lorsque la maladie de Crohn touche l’œsophage et le début de l’intestin grêle (duodénum), les patients ressentent également des brûlures d’estomac et des renvois acides.

Les symptômes intestinaux des poussées de maladie de Crohn

Lors de poussées de maladie de Crohn, les patients souffrent de maux de ventre (en particulier après les repas), d’épisodes de diarrhée pouvant durer plusieurs semaines, d’émissions de selles contenant du sang (parfois en quantité importante) ou des glaires, ainsi que de nausées, de vomissements et de perte d’appétit.

Outre la gêne relative à la vie quotidienne, les patients peuvent également se plaindre de fatigue, parfois associée à de la fièvre ou à une anémie (carence en fer). Lorsque les poussées durent plusieurs semaines, la personne maigrit et peut présenter des signes de dénutrition.

Les autres symptômes associés aux poussées de maladie de Crohn

Dans certains cas, les symptômes digestifs peuvent être associés à d’autres manifestations, notamment :

  • des rhumatismes articulaires dans les membres ou au niveau de la colonne vertébrale (spondylarthrite) ;
  • une inflammation de l’enveloppe des yeux (uvéite) ;
  • des problèmes de peau (érythème noueux, de petits nodules fermes et rouges situés dans l’épaisseur de la peau).

Ces symptômes non intestinaux traduisent un état d’inflammation générale avec une tendance du système immunitaire à attaquer divers organes.

Diagnostic

Les deux principaux outils diagnostiques sont la radioscopie et la coloscopie. La coloscopie implique l'insertion dans l'anus d'un endoscope, tube flexible équipé d'une caméra microscopique à son extrémité, permettant d'observer les parois internes de l'intestin.

Le patient doit également fournir un échantillon de sang, pour détecter une éventuelle anémie, et un échantillon de selles pour éliminer l'hypothèse d'une colite infectieuse, infection bactérienne ou parasite du gros intestin.

L'intestin grêle est alors plusieurs fois évalué, souvent par des radiographies ou par l'ingestion d'une capsule par le patient; celle-ci prend des images que le médecin peut étudier sur un écran d'ordinateur.

Traitement

Il n’existe pas de traitement permettant de guérir la maladie de Crohn. L’objectif du traitement est de corriger les insuffisances alimentaires et de contrôler l'inflammation ce qui aura pour effet de soulager la douleur, la diarrhée et les autres symptômes. Pendant les périodes de rémission, il est souvent nécessaire de suivre un traitement d’entretien pour diminuer la fréquence des rechutes et limiter la progression des lésions. Dans la majorité des cas, il faut souligner que les traitements actuels permettent de bien contrôler la maladie.

Anti-inflammatoires

Il s’agit des traitements prescrits en première ligne pour calmer l’inflammation en cas de crise. Les choix du médicament et de sa voie d’administration dépendent de l’intensité des symptômes et de leur localisation dans le système digestif.

  • Les aminosalicylates (ou dérivés salicylés), parmi lesquels la sulfasalazine (Azulfidine®) et la mésalazine ou mésalamine (Rowasa®, Canasa®, Asacol® Pentasa®, Apriso™, Lialda®, Mezavant®) sont administrés par voie orale, rectale (suppositoires) ou par lavement. Ils sont utilisés à la fois pour calmer les poussées et pour maintenir la rémission. Les effets secondaires les plus courants sont les nausées, les vomissements et les maux de tête.
  • Si les aminosalicylates intestinaux ne suffisent pas à soulager les symptômes, le médecin suggère des anti-inflammatoires plus puissants, comme les corticostéroïdes oraux, qui ont un effet anti-inflammatoire général. Les corticostéroïdes les plus communément prescrits pour soigner la maladie de Crohn sont la prednisone et la prednisolone. Ils sont habituellement employés pendant quelques semaines, jusqu’à ce que la rémission soit obtenue. La dose est ensuite diminuée progressivement. Dans certains cas où la maladie est localisée et modérément active, le budésonide, un corticoïde qui agit localement dans le tube digestif, donc avec moins d’effets secondaires, peut être proposé.
     
    Les corticostéroïdes oraux à effet systémiques comportent cependant des risques d’effets indésirables plus marqués, qui limitent leur usage à long terme. Il s’agit notamment d’une prise de poids, d’acné, d’une pilosité accrue, de troubles de l’humeur et d’insomnie. À long terme, les corticostéroïdes peuvent aussi induire une ostéoporose.

Immunomodulateurs et biothérapies

Les immunomodulateurs (dont les immunosuppresseurs) agissent de manière très ciblée sur certains acteurs du système immunitaire pour calmer les réactions inflammatoires. Ces médicaments sont généralement utilisés pour maintenir la rémission après le traitement « d’attaque » par aminosalicylates ou corticostéroïdes. Ils contribuent aussi à la guérison des fistules. Le 6-mercaptopurine (6-MP, Purinethol®) et l'azathioprine (Imuran®) sont les immunomodulateurs les plus souvent prescrits aux personnes atteintes de la maladie de Crohn. Le méthotrexate (Rheumatrex®) peut aussi être employé. Ces médicaments peuvent causer des effets indésirables (nausées, vomissement, diarrhée) et diminuer la résistance aux infections si la dose est mal ajustée.

Les agents anti-TNF alpha, comme l’infliximab (Remicade®) ou l’adalimumab (Humira®), sont des médicaments récents qui ciblent le facteur de nécrose tumoral (TNF), une substance jouant un rôle dans l’inflammation. Ces médicaments sont réservés aux patients qui ont des symptômes modérés à graves et chez qui les autres médicaments sont inefficaces ou causent trop d’effets indésirables. Ils peuvent aussi être utilisés comme traitements d’entretien.

Autres médicaments

Des antibiotiques peuvent être prescrits en cas d’aggravation soudaine des symptômes causée par une infection intestinale. Les antibiotiques permettent également de traiter les abcès et les plaies situées dans la région anale.

Dans certains cas, des antidiarrhéiques peuvent contribuer à réduire la diarrhée. Du psyllium ou de la méthylcellulose permettent notamment de réguler le transit. Cependant, les antidiarrhéiques ou leslaxatifs peuvent aussi irriter le tube digestif et causer des complications graves chez les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire intestinale. Il est impératif de demander conseil à votre médecin avant de prendre un antidiarrhéique, un antispasmodique ou un laxatif, quel qu’il soit.

Des suppléments de fer, à prendre par voie orale, peuvent être nécessaires en cas d’anémie.

Alimentation

Durant les crises. Afin d’alléger les malaises, on conseille de diminuer la consommation de fibres alimentaires (produits de boulangerie à la farine de blé entier, plusieurs fruits et légumes crus ou non pelés, etc.). Notons que ces aliments n’ont pas d’effet néfaste en soi sur le tube digestif. Mais les fibres alimentaires, en augmentant le volume des selles, font pression sur la paroi enflammée des intestins, ce qui a pour conséquence d’accroître les troubles digestifs. Quand la crise s’estompe, ces restrictions ne sont plus nécessaires.

S’informer auprès de son médecin, d’une nutritionniste ou d’une association de patients pour en savoir plus sur le type d’aliments à privilégier durant les crises.

Alimentation de soutien. Bien que ce soit rare, il arrive que l’intestin trop irrité n’arrive plus à absorber correctement les nutriments. Pour éviter la dénutrition, il est alors possible d’injecter des solutions nutritives par voie intraveineuse (nutrition parentérale). Il s’agit de suppléments de complexes vitaminiques et de minéraux et de préparations liquides hautement caloriques. Cela permet d’éviter les carences, notamment en protéines, en vitamines (A, acide folique, B12, C, D, E et K) et en minéraux (calcium, cuivre, fer, magnésium, sélénium et zinc). La personne peut reprendre une alimentation normale dès que l’atténuation des symptômes le permet.

Chirurgie

Une intervention chirurgicale est parfois nécessaire, surtout en cas de complications (fistules, obstruction complète du tube digestif ou ulcère perforé). Si une section du tube digestif est trop abîmée par l’inflammation, il est possible de retirer cette section par chirurgie puis de relier les deux extrémités entre elles. La chirurgie peut donc traiter certaines complications, mais la maladie demeure présente.

Source : Revue des Maladies de A à Z 

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