Cancer de la prostate

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Cancer de la prostate

Cancer de la prostate

Le cancer de la prostate prend naissance dans les cellules de la prostate. La prostate fait partie de l’appareil reproducteur masculin. Elle sert principalement à produire une partie du liquide (liquide séminal) qui, combiné aux spermatozoïdes produits par les testicules, forme le sperme. Le sperme est éjaculé lors des relations sexuelles.

De la taille d’une noix, la prostate est une glande qui se trouve juste sous la vessie et en face du rectum. La prostate entoure une partie de l’urètre, le canal qui transporte l’urine et le sperme jusqu’au bout du pénis.

Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus répandu chez les hommes au Canada. En général, le cancer de la prostate évolue lentement et peut souvent être guéri ou traité avec succès.

causes et facteurs de risque

Comme pour de nombreux cancers, les causes du cancer de la prostate sont vastes et complexes. Il n'existe pas une cause unique. Un certain nombre de facteurs sont néanmoins associés à un risque élevé de développement d'un cancer de la prostate.

L'âge et la génétique

Le cancer de la prostate est plutôt rare chez les hommes de moins de 50 ans, mais le risque augmente passé cet âge. À 80 ans, plus de la moitié des hommes développent des masses cancéreuses qui appellent ou non un traitement.

Le cancer de la prostate semble toucher certaines familles en particulier, ce qui laisse penser qu'il existe un facteur héréditaire ou génétique. Un homme dont le père ou le frère souffre d'un cancer de la prostate a deux fois plus de risque d'en souffrir à son tour. Le risque est encore plus élevé pour les hommes ayant plusieurs personnes atteintes dans leur entourage, notamment si leurs proches étaient jeunes au moment où le cancer a été diagnostiqué. Les scientifiques ont identifié plusieurs gènes héréditaires dont la présence semble augmenter le risque de développer un cancer de la prostate.

Certains gènes héréditaires sont même des facteurs de risque pour plusieurs cancers. Par exemple, les mutations héréditaires des gènes BRCA1 ou BRCA2 font que les cancers des ovaires ou du sein sont plus fréquents dans certaines familles. La présence de ces mutations génétiques augmente également le risque de cancer de la prostate ; elles ne sont cependant responsables que d'une très faible proportion de ces cancers.

Les origines ethniques sembleraient elles aussi jouer un rôle : le risque semble plus élevé pour les hommes originaires d'Afrique tandis que les hommes originaires d'Asie sont les moins touchés.

Régime alimentaire et hygiène de vie

L'hygiène de vie, le régime alimentaire et l'exposition à des toxines environnementales semblent également jouer un rôle dans le développement et la vitesse de propagation du cancer de la prostate.

Les régimes riches en viande rouge, en calcium (produits laitiers) et en mauvais cholestérol (LDL) semblent favoriser l'apparition de cancer de la prostate. Les régimes riches en glucides complets peuvent également avoir une influence sur les niveaux d'insuline et avoir pour conséquence l'obésité. Associé à un régime inadapté, le manque d'exercice physique peut non seulement être à l'origine de l'obésité, mais également favoriser le développement d'un cancer de la prostate. Les hommes dont l'indice de masse corporelle (IMC) est égal ou supérieur à 32,5 ont 30 % de risques en plus de mourir d'un cancer de la prostate, tandis que les hommes dont l'IMC est de 35 ont 60 % de risques en plus de souffrir d'une récidive du cancer de la prostate dans les 3 ans.

Les régimes alimentaires riches en aliments crus et en légumes permettent de se protéger du cancer de la prostate. Les aliments riches en antioxydants aident à réduire les taux de « radicaux libres » dans le corps. Ces radicaux libres endommagent la structure des cellules et peuvent être des éléments déclencheurs du développement d'un cancer. Parmi les principaux antioxydants, on trouve le lycopène (présent dans la tomate), la grenade, le mangoustan, l'herbe de blé et l'argousier. Les recherches et les découvertes sur les antioxydants progressent cependant en permanence.

Des recherches suggèrent également qu'une alimentation, ou un complément d'alimentation, riche en oméga 3 et 6, acides gras que l'on retrouve principalement dans le poisson, permet de réduire les risques de cancer et peut même avoir des effets positifs sur le fonctionnement cérébral et cardiovasculaire. En outre, des apports complémentaires en sélénium et en vitamines D et E semblent être efficaces dans la prévention du cancer de la prostate car ils font baisser le taux d'antigène prostatique spécifique dans le sang et empêchent la croissance de la tumeur.

 Les signes d'alarme

1.1. Après la cinquantaine, les adénomes de la prostate sont très fréquents, beaucoup plus fréquents que les cancers de la prostate. Les adénomes de la prostate ne sont pas des cancers. Ils sont des tumeurs bénignes, caractérisées par l'augmentation de volume et la sclérose de la prostate. Parce qu'ils compriment l'urètre vésical, qu'ils induisent des mictions urinaires moins abondantes et plus fréquentes (pollakicine) et qu'ils peuvent entraîner des épisodes d'incontinence ou de rétention d'urine

L'intervention " adénomectomie " est le plus souvent très simple : le chirurgien retire l'adénome en passant son doigt autour de l'urètre), et le délai d'hospitalisation n'excède pas 10 jours. 
Toutefois, certains adénomes peuvent être associés à des cancers débutants de la prostate. 
C'est donc ici à l'examen au microscope de la pièce opératoire, que l'anatomopathologiste découvrira un tout petit cancer de la prostate, associé à l'adénome.

Un tel cancer pris au tout début guérit dans 100 % des cas. Il est ainsi nécessaire de ne pas attendre dès l'apparition des symptômes, d'autant plus si vous avez 50 ans ou plus et que vous présentez une pollakicine ou même déjà une petite incontinence. Vous devez impérativement vous faire opérer sans délai.

1.2. Dans d'autres circonstances, le cancer peut se révéler d'emblée. Deux signes d'alarmes doivent vous faire consulter votre médecin traitant puis un urologue.

Lorsque vous avez du mal à uriner (dysurie), en d'autres termes lorsque le jet urinaire est faible et que vous êtes obligé de contracter fortement le ventre pour qu'il vienne.
Lorsqu'une prise de sang faite systématiquement montre une augmentation des PSA (Antigène Prostatique Spécifique). Bien qu'une augmentation des PSA puisse être liée à d'autres causes, telles qu'une inflammation ou infection de la prostate (prostatite), toute augmentation des PSA doit être considérée a priori comme le signe probable d'un cancer.

Diagnostic

Les examens diagnostiques permettent de :

- confirmer la présence d’un cancer,

- identifier le type de cancer,

- évaluer la taille de la tumeur et sa propagation à d’autres organes (son stade),

- élaborer un plan de traitement.

Le diagnostic de cancer de la prostate est habituellement suspecté lors d’une augmentation de la valeur du PSA, lorsqu’une anomalie a été détectée au toucher rectal ou si des

symptômes urinaires ou généraux (fatigue, perte d’appétit, perte de poids) sont présents.

Le délai entre la découverte de quelque chose d’anormal et le début d’un traitement peut sembler long. Mais ce temps est nécessaire pour réaliser des examens qui vont

permettre d’établir un diagnostic et définir le traitement le mieux adapté à chaque situation.

Il n’y a pas d’urgence à mettre en route un traitement d’un cancer de la prostate à son début. Le risque d’aggravation d’un cancer de la prostate durant ce délai est faible car un

cancer de la prostate évolue habituellement de façon lente.

Le bilan initial

Le médecin procède dans un premier temps à ce que l’on appelle un bilan initial pour déterminer s’il s’agit bien d’un cancer de la prostate. Ce bilan comporte :

- un entretien avec le patient (que les professionnels appellent « interrogatoire ») pour évaluer son état de santé général et identifier les éventuels antécédents médicaux ou chirurgicaux personnels et familiaux.

Il pose également au patient des questions sur la présence de symptômes qui peuvent le guider dans son diagnostic tels qu’une diminution de la force du jet urinaire, des envies fréquentes d’uriner.

Il est important que le patient mentionne tous les symptômes qu’il aurait repérés. Ces symptômes peuvent ne pas correspondre à un cancer de la prostate. Dans la plupart des cas, les cancers de la prostate peu évolués n’entraînent aucun trouble décelable par le patient lui-même.

 - un examen clinique du patient, dont un toucher rectal qui permet d’examiner la prostate et de détecter une éventuelle anomalie.

- une prise de sang, pour faire le dosage d’une protéine fabriquée par la prostate, appelée antigène prostatique spécifique (abrégée en PSA). On parle aussi de dosage du PSA total sérique, seul marqueur biologique inclus dans ce bilan initial.

- des examens biologiques : un hémogramme, également appelé Numération-Formule Sanguine (NFS) permet d'évaluer la quantité des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes.

Si nécessaire un dosage de la créatinine (créatininémie) est réalisé pour évaluer le fonctionnement des reins. D’autres examens peuvent être demandés par le médecin en fonction de la situation du patient. Signalons que tous ces examens ont surtout vocation à repérer des contre indications thérapeutiques.

- une biopsie de la prostate est réalisée lorsqu’une anomalie est constatée au toucher rectal ou en cas d’élévation de la valeur du PSA. Il s’agit de prélèvements de plusieurs petits fragments de tissudans différentes parties de la prostate.

De nouvelles biopsies peuvent être nécessaires après une série de biopsies normales, si une anomalie de la prostate est détectée ou persiste au toucher rectal, ou si la valeur du PSA reste élevée ou continue à augmenter lors de la surveillance du patient.

Les fragments prélevés sont examinés au microscope par un médecin pathologiste : cet examen s’appelle un examen anatomopathologique. Il s’agit d’une analyse des tissus prélevés dans la région suspecte qui permet de confirmer ou non la présence d’un cancer. Cet examen permet de :

- préciser l’agressivité des cellules cancéreuses définie selon une échelle, appelée score de Gleason(degré de différenciation de la tumeur, c’est-à-dire la tendance de la tumeur à ressembler à un tissu normal de la prostate),

- évaluer notamment le nombre de biopsies positives (présentant des cellules cancéreuses), les caractéristiques du tissu tumoral et le franchissement des cellules cancéreuses au-delà de la capsulede la prostate.

Lorsque le résultat de l’examen anatomopathologique ne montre pas la présence d’un cancer, on parle de résultat négatif.

Le bilan d’extension

Si la biopsie révèle la présence de cellules cancéreuses, le médecin peut prescrire des examens complémentaires pour préciser l’extension du cancer (locale, ganglionnaire ou métastatique).

On parle de bilan d’extension. Ces examens ne sont pas réalisés de façon systématique. Les plus fréquents sont des examens d’imagerie et des examens sanguins.

Les examens d’imagerie réalisés peuvent être :

- un scanner (également appelé tomodensitométrie ou TDM), qui permet de réaliser une succession de photographies en tranches horizontales. Un scanner a pour but de rechercher si la maladie a touché les ganglions lymphatiques. Puisqu’il est effectué autour de la région pelvienne, on parle de scanner pelvien ou tomodensitométrie pelvienne.

- une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) pelvienne, qui permet d'obtenir des images très précises du contour de la prostate et de déceler si le cancer s’est étendu ou non au-delà de la prostate et de rechercher si la maladie a touché les ganglions lymphatiques.

- une scintigraphie osseuse, pour contrôler l’absence ou la présence de métastases au niveau des os.

- une échographie des reins, pour vérifier le fonctionnement des reins.

Ces examens d’imagerie ne sont réalisés que s’ils ont une incidence sur la prise en charge du patient et pour les tumeurs localisées selon le risque de rechute établi par une classification, appelée classification de d’Amico.

Sur la base de cette classification, les patients ayant une tumeur localisée sont considérés soit à risque faible, à risque intermédiaire ou élevé.

  • Chez des patients à risque faible, le bilan d’une atteinte ganglionnaire ou métastatique n’est pas indiqué. Toutefois, afin de déterminer avec le plus de précision possible les différents traitements localisés qui peuvent être proposés, une IRM pelvienne et prostatique est réalisée. L’IRM n’est pas systématique mais peut être proposée si ses résultats ont une incidence sur la prise en charge.
  •  Chez des patients à risque intermédiaire ou élevé, le bilan d’extension peut comporter unescintigraphie osseuse, un scanner ou une IRM. Une échographie des reins est recommandée pour les tumeurs localement avancées (T3-T4) symptomatiques.

Les résultats de l’ensemble de ces examens permettent de distinguer plusieurs formes de cancer de la prostate : les formes localisées, les formes localement avancées ou les formes métastatiques.

Cette distinction va aider le médecin et le patient dans les choix des traitements les plus appropriés.

Traitement

- Prostatectomie totale (prostatectomie rétropubienne radicale)
Cette opération enlève toute la prostate et les vésicules séminales qui sont des glandes accessoires appendues à la prostate. L'intervention, faite sous anesthésie générale ou sous péridurale, n'a lieu que si le cancer ne dépasse pas les limites de la prostate. Environ 10 % des patients vont développer une récidive locale dans les 5 ans suivant une prostatectomie radicale pour un cancer de la prostate localisé. Si le suivi est plus long, ce taux atteint 15 %.

- Résection trans-urétrale de prostate
Cette intervention représente un traitement palliatif des troubles urinaires liés à l'obstruction par évolution locale de la maladie.

- Radiothérapie
La radiothérapie est utilisée pour traiter les cancers qui sont localisés à la prostate, ou qui ont atteint les tissus voisins. Elle peut être utilisée pour diminuer le volume de la tumeur ou éviter des complications locales. On utilise soit la radiothérapie externe, soit la curiethérapie (ou brachythérapie) qui consiste à placer des sources radio-actives directement dans le tissu prostatique.

- Traitement hormonal
Le but du traitement hormonal est de s'opposer à l'action des hormones mâles (androgènes) qui stimulent la prostate. Ainsi, la diminution du taux de testostérone, principale hormone masculine, bloque la prolifération des cellules cancéreuses et diminue le volume de la prostate. Le traitement hormonal n'a qu'un effet transitoire, il bloque la prolifération du cancer sans le guérir.
- Analogues de la LH-RH : ils bloquent la libération de LH et donc la production de testostérone par les testicules.
- Anti-androgènes : ils bloquent l'action de la testostérone au niveau des organes cibles, en particulier la prostate. Les anti-androgènes sont souvent utilisés en combinaison avec la castration chirurgicale ou la prescription d'analogues de la LH-RH car ils permettent un blocage androgénique total (BAT) ce qui améliore la durée de survie et la qualité de vie des patients en cas de maladie minime.
- Les oestrogènes : ils sont utilisés en seconde intention.
- Castration chirurgicale : il s'agit d'une intervention chirurgicale qui consiste à faire une incision au niveau des bourses et à enlever la partie des testicules qui sécrète la testostérone (pulpectomie). Cette intervention est peu pratiquée actuellement car les médicaments permettent une castration "médicale".

- Chimiothérapie
La chimiothérapie est utilisée dans le cancer de la prostate quand celui-ci a évolué avec une extension extraprostatique et qu'il ne répond plus au traitement hormonal. La chimiothérapie diminue la croissance tumorale et peut diminuer les douleurs liées au cancer.

- Surveillance (traitement différé)
Pour certains patients, une surveillance sans traitement immédiat est parfois la meilleure stratégie. C'est le cas notamment de certains patients âgés présentant un petit cancer peu agressif. On évite ainsi les effets secondaires éventuels d'un traitement.

- Traitement de la douleur
Dans certains cas, en particulier quand il existe métastases osseuses, des douleurs peuvent entraîner une altération de la qualité de vie et nécessiter un traitement adapté. Certains médicaments comme le biphosphonate peuvent ralentir les lésions osseuses liées au cancer de la prostate et diminuer les douleurs. Il existe d'autres méthodes pour traiter les douleurs osseuses : séances de rayons focalisés sur les zones douloureuses, injection intraveineuse de produits radioactifs (Strontium&).

- Traitements alternatifs ou complémentaires
Certains traitements complémentaires ou certains régimes diététiques ont pu être associés avec une efficacité variable aux traitements efficaces sur le cancer de la prostate.

- Traitements expérimentaux
- Cryochirurgie : cette technique détruit les cellules cancéreuses par congélation brutale et répétée de la prostate à l'aide d'une sonde refroidissante (azote liquide) introduite sous anesthésie dans la prostate. L'efficacité de cette technique n'est pas encore démontrée.
- Ablatherm® : c'est un système de traitement du cancer de la prostate par ultrasons focalisés par voie endorectale. Ce traitement serait indiqué à titre palliatif.

Effets secondaires du traitement

Incontinence urinaire : c'est l'impossibilité de contrôler les urines. Il peut s'agir d'une incontinence urinaire d'effort qui est causée par une insuffisance du sphincter (la chirurgie prostatique peut endommager le sphincter), d'une incontinence par regorgement qui est due à la mauvaise évacuation de la vessie, ou de fuites par impériosités mictionnelles qui surviennent particulièrement après radiothérapie, quand la tolérance de la vessie au remplissage est diminuée.

Impuissance : elle est définie par l'impossibilité à obtenir une érection. En effet, la chirurgie prostatique ou la radiothérapie peuvent endommager les nerfs érecteurs. Après prostatectomie totale, 60% à 90% des patients sont impuissants. Les chances de récupérer des érections sont liées à l'âge du patient, à la préservation des nerfs érecteurs et au stade de la maladie. Interviennent alors des traitements comme les prothèses péniennes, les injections intracaverneuses de prostaglandine E1 et l'administration de citrate de sildénafil (Viagra®).

Autres effets secondaires :
- La radiothérapie externe peut entraîner des troubles intestinaux (diarrhée, colite), et des troubles urinaires survenant essentiellement pendant le traitement (fréquence urinaire, diminution du jet, envies pressantes, brûlures en urinant, présence de sang dans les urines). La radiothérapie peut engendrer une certaine fatigue en cours de traitement.
- L'administration de certains anti-androgènes peuvent entraîner des effets secondaires (diarrhée, difficultés respiratoires, troubles de l'accommodation visuelle &).
- Le traitement hormonal à long terme peut entraîner une ostéoporose avec fragilisation osseuse.

 

Source : Revue des Maladies de A à Z 

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