Mise au point de l'Ordre du médecin: l'homéopathie, une pratique "non éprouvée"

Dans le cadre du débat sur l'homéopathie qui agite la communauté médicale depuis la publication d'une tribune de 124 médecins contre cette pratique, le conseil national de l'ordre des médecins de France a publié une mise au point concernant cette pratique en médecine générale.

Selon cette mise au point, l’ordre des médecins a rangée l'homéopathie dans les pratiques "non éprouvées" par la science, et qu'il ne reconnaît pas comme spécialité : "L'utilisation médiatique des termes de 'médecines alternatives et complémentaires, concernant notamment l'homéopathie, entretient une ambiguïté qui est source de confusion". Selon le conseil national de l'ordre,  "Tout médecin doit exercer la médecine conformément aux données acquises de la science, tant dans l'élaboration du diagnostic que dans la proposition d'un traitement". ". L'homéopathie ne peut donc pas être le premier remède proposé par un médecin, mais peut constituer une " prescription adjuvante ou complémentaire [...] après avoir délivré au patient une information loyale, claire et appropriée.

Depuis que l’homéopathie est apparue il y a environ 200 ans (inventée en 1796 par le médecin allemand Samuel Hahnemann), aucune étude scientifique sérieuse n’est parvenue à prouver son efficacité. Et pour cause, ces produits sont fabriqués selon des principes farfelus hérités de la fin du 18e siècle. Il s’agit de diluer plusieurs fois une «teinture mère» (préparation à base de plantes, d’extraits d’animaux ou encore de produits chimiques) jusqu’à en obtenir une quantité infinitésimale. Résultat: il est impossible de retrouver une seule molécule de principe actif dans un granule.

Il est à signaler qu’en mars dernier, dans une tribune au Figaro, 124 médecins avaient relancé les hostilités, en rangeant l’homéopathie parmi les « disciplines ésotériques » et en plaidant pour l’arrêt du remboursement des préparations par la Sécurité sociale en France.