Maroc, les hôpitaux transformés en dépotoir de médicaments périmés

Le Réseau Marocain pour la Défense du Droit à la Santé a révélé que les services publics au Maroc ont subi de lourdes pertes,  de l’ordre des millions de dirhams, en raison de la corruption dans les marchés publics au sein du ministère de la santé. Le Réseau souligne que les hôpitaux et services relevant du ministère de la santé ne reçoivent leurs provisions en médicamentes que  lorsque leurs dates de péremption approchent. Deux mos mois après réception, ces médicamentes, déclarées impropres à la consommation, seront par la suite jetés dans les déchets médicaux de ces hôpitaux.

Dans son rapport, le réseau  appel le gouvernement a créer des stocks stratégiques de médicaments et dispositifs médicaux et un système transparent pour le financement, la distribution et la gestion de ce stock.

D’autre part, le rapport a sonné l'alarme concernant le manque de certain nombre de médicaments essentiels dans les hôpitaux tels que les maladies chroniques, les urgences et les vaccins tels que la méningite, l'hépatite et anti scorpionique.

Le réseau attribue les raisons de cette situation à la politiques improvisées et irrationnelles du gouvernement et le non respect des normes en vigueur pour la plupart des fournisseurs de médicaments et dispositifs médicaux.

Il est à signaler que ce réseau avait publié auparavant un rapport réservée aux structures sanitaires de notre pays en particulier les hôpitaux. En effet selon le rapport, au moins sept hôpitaux sur dix, à travers le pays, ne sont pas en condition de recevoir les patients et encore moins de les soigner. La situation est encore plus grave lorsqu’il s’agit des centres spécialisés en psychiatrie et maladies mentales. Conséquences de cette situation, la pire qu'aient connue les hôpitaux au Maroc sur ces cinq dernières années, a fait reculer tous les indicateurs classiques du système de santé. Pire encore, la dégradation des structures d’accueil dans les hôpitaux publics et en l’absence d’une stratégie de mise à niveau de ces derniers, les médecins préfèrent démissionner et rejoindre le secteur privé. Rien que sur les cinq dernières années, 200 médecins ont claqué la porte, dont 90 pour le seul CHU Avicenne de Rabat.

Le rapport indique que seuls les citoyens en situation précaire, notamment ceux détenant la carte du RAMED, continuent à fréquenter les hôpitaux publics. Ainsi, ils ne sont plus que près de 5% de la population, qui n’a d’autres moyens que de solliciter l’assistance médicale publique, alors que 95% des personnes ayant une mutuelle ou une assurance, préfèrent les services des cliniques privées.