Les chips tuent une fillette à Rabat

Sans doute le fait divers le plus triste de ce début d'année. Une fillette de deux ans est décédée, la semaine dernière à Rabat, suite à une intoxication alimentaire due à des chips périmées. Elle souffrait d’hyperthermie, de douleurs de ventre accompagnés de diarrhées et de vomissements. La dégradation de l'état de sa  santé a poussé son père à consulter l'hôpital deux jours plus tard où on lui a prescrit un traitement symptomatique qui n'a pas aidé à améliorer son état clinique. Mais malheureusement elle succombe à sa maladie quelques heures plus tard.

Une enquête a été menée par Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM) a révélé que la cause de cette intoxication était dû à des chips achetés à Hay Farah à Rabat.

Des milliers de Marocains seraient victimes d’intoxications d’origines diverses chaque année. Le Maroc enregistre annuellement quelque 1.600 cas d’intoxications alimentaires. Selon les statistiques du centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM). Entre 20 et 25% des restaurants, des snacks et des fast-food contrôlés par les services sanitaires constituent un danger pour la santé du consommateur.

Plusieurs commerces de fortune se sont multipliés face au silence et à l’inertie des responsables, ils exercent sans autorisation préalable et échappent à tout contrôle sanitaire et mettent en danger la santé et la vie des marocains, le risque est d’autant plus fréquent que les habitudes alimentaires et le nouveau mode de vie des Marocains ont radicalement changé ces dernières années. Qui parmi nous n’a pas été victime dans sa vie d’une intoxication alimentaire avec tous les désagréments que cela suppose : vomissements, diarrhées, nausées, douleurs abdominales ? Dans certains cas, les intoxications aiguës peuvent même entraîner perte de conscience, hospitalisation et même décès. Le développement de la restauration extérieur avec, comme corollaire, l’explosion du secteur informel et sa cohorte de vendeurs ambulants, est venu aggraver la situation, le risque peut également se nicher dans des négligences chez des restaurateurs organisés, pas de contrôle par les services d’hygiène ni pour les produits, les durées de conservation, la rupture de la chaîne de froid et d’autres causes graves susceptibles d’entraîner des intoxications. Le phénomène prend une ampleur effarante, particulièrement lors du mois de Ramadan avec la vente et l'exposition des produits alimentaires jusque sur les trottoirs. Sur le plan de l'hygiène alimentaire, le Maroc est encore à la traîne, l'hygiène n'est pas une qualité mais une condition nécessaire et essentielle à tous les niveaux, de la fabrication, du stockage, de la distribution, de la conservation, de la présentation à la vente.

 Il est plus que jamais urgent d'agir. Les responsables doivent œuvrer fermement pour la prévention des risques d’intoxication alimentaire en veillant constamment au prompt suivi des cas enregistrés, à la prise en charge des patients et à la mise en œuvre d’actions de sensibilisation.