L’enseignement de la chirurgie et le pain de sucre…

  • 30 nov 2017

  • Par : D.r Zouhair Lahna

  • Tags : sante, Maroc

Qu’ont-ils de commun, l’enseignement de la chirurgie par certains professeurs en médecine savants et cultivés ou supposés comme tels et certains épiciers vendeurs de pains de sucre en gros et au détail, souvent analphabète?

Vous avez peut-être deviné : la cupidité !!

Depuis toujours le pain de sucre a une signification importante dans les familles marocaines, il est utilisé pour les grandes manifestations comme offrandes surtout pour les mariages, les naissances ainsi que les décès...

Le sucre élément nutritif et énergétique essentiel est utilisé ensuite pour l’usage quotidien. Avec le temps et ‘’l’enrichissement’’ de certaines franges de la société, cette culture a disparu ou tend à disparaître. Mais la culture a persisté.

L’épicier qui possède le pain de sucre, petit à petit remplacé par les morceaux, peut fixer le prix qu’il convoite parce qu’il profitait de la rareté du produit et l’attachement de certaines franges de la population à la signification symbolique et incontournable.

Le professeur de chirurgie malgré des années d’études sur le compte de l’état et de la société, le paiement d’un salaire par l'état et la société, le serment d’Hippocrate avec un zeste de morale musulmane, il se comporte souvent comme l’épicier, vendeur de pains de sucre, il a peur de la concurrence alors il n’enseigne que peu et transmet moins que ce qu’il a pu apprendre. Sa phobie permanente c’est de voir ses élèves devenir meilleurs que lui et par conséquent lui ‘’piquer’’ la clientèle.

Même avec un Bac plus 12 voir 14 ou 15 pour les moins intelligents, il fait un calcul simpliste, si on est nombreux à acquérir un savoir-faire, alors, j’aurais moins de patients , pardon, clients et par conséquent moins d’argent.

Les grands-parents qui n’avaient jamais étés à l’école avaient compris depuis longtemps que le bien-être doit être partagé pour exister et le commerce est fructueux quand ils se mettaient en groupe, c’est pour cela que dans nos médinas, on trouve des quartiers entiers par métier. Et c’est ce regroupement et offres variées qui attirent les clients et fait prospérer le tout.

C’est vrai qu’ils étaient plus intelligents avec une concurrence équitable et dépourvu d’animosité. Ici, en médecine, on est dans un registre pas du tout commercial mais qui l’est devenu par la bêtise humaine et l’inculture des diplômés. Comment ose-t-on devenir professeur juste pour le titre afin d’attirer les patients et monnayer son savoir. Et plus créer autour de soi un désert sanitaire et une incompétence pour paraître un seigneur en la matière et engranger plus d’argent ? N’ont-ils pas honte ? Pensent-ils qu’ils sont éternels ?

Si on continue ainsi c’est vers la médiocrité et la marchandisation des corps qu’ils poussent toute une société en l’absence d’une régulation et d’un cahier de charges.

Quant à ceux qui pensent que la faillite du secteur public en soins et enseignement de la médecine, ils se trompent grandement parce qu'on n’a jamais vu l’excellence naître du ventre de la médiocrité. On prend les mêmes et on recommence.

Enfin, le pain de sucre, on peut s’en passer et les petites gens s’en sont passées en se tournant vers les morceaux de sucre voir de l’argent dans leurs événements. Mais les médecins et chirurgiens compétents comment peut-on faire ? De larges franges de la population délaissée continuent à se tourner vers la médecine traditionnelle à leurs risques et périls. Et je certifie qu’un chirurgien incompétent est un péril beaucoup plus important. Un péril avec des diplômes !!!L’enseignement de la chirurgie et le pain de sucre…

P.S. Ce texte volontairement Sarcastique, est dédié à tous les étudiants en médecine et aux résidents surtout en chirurgie, qui souffrent en silence.

Toute ressemblance avec la mentalité régnante au Maroc et presque tous les pays du sud est bien évidement fortuite...