Grève nationale le 30 Avril : les médecins refusent le "service sanitaire obligatoire".

  • 01 avr 2015

  • Par : pharmapresse

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Le syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL) appelle à une marche nationale sur le parlement à partir du ministère de la santé le 25 Avril 2015 et une grève nationale le 30 Avril.

Selon un communiqué de l' SNMSL (voir ci-dessous), les médecins n’acceptent pas d’être le bouc émissaire dans la détérioration du secteur de la santé au Maroc. Le ministre s’il a failli à sa mission, ce n’est pas de la faute des médecins. Il ne fait qu’induire l’opinion publique en erreur en s’attaquant une nouvelle fois aux médecins, le principal problème se situe au niveau des moyens.

En effet, les déclarations du ministre de la santé lors de la séance de questions orales du mardi 14 avril à la Chambre des conseillers sur le projet instauration de l’équivalent médical du service militaire ont déchaîné la colère des médecins du secteur public.

Ce projet intitulé "service sanitaire obligatoire" pourrait contraindre les médecins à exercer pour une période d’une à deux années dans les zones rurales et c’est seulement après cette période que les médecins seraient autorisés à exercer dans les zones urbaines. Selon le ministre, ces mesures ont pour objectif de lutter contre l’absentéisme, notamment dans les campagnes et de lutte contre les trous dans la carte sanitaire.

Pour le syndicat national des médecins du secteur libéral, à travers ce projet, le ministre de la santé laisse entendre que le médecin ne s'acquitte pas de ses obligations professionnelles et qu'il refuse d'exercer dans les zones urbaines alors que la majorité des médecins du secteur public a travaillé et travaillent encore dans les régions éloignées avant de passer aux villes. En plus , selon l' SNMSL, la décision d'obliger le médecin à exercer dans des régions éloignées est une violation des textes constitutionnels notamment l'article 24, qui donne le droit à tout citoyen marocain à s'installer dans n'importe quelle zone du pays.

Le secteur de la santé au Maroc agonise et a besoin d'une grande intervention chirurgicale :

C’est avec ces termes que la Banque mondiale a qualifié le secteur de la santé au Maroc dans son nouveau rapport publié le mois de décembre 2014 sur le secteur de la santé au Maroc sous le titre «la justice et la responsabilité: l'engagement dans des systèmes de santé au Moyen-Orient et Afrique du Nord», d’autres rapports récents accablants sur l’état de notre santé qui justifient et légitiment le mouvement de grogne des médecins du secteur public tels que le rapport d’expertise de la plus grande région du Maroc , Souss Massa Draa, diligenté par le conseil régional de cette région et préparé par la commission de santé relevant dudit conseil et le rapport du conseil de M. Driss El Yazami (Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) sur l’état de santé dans une autre région aussi importante dans notre pays qui est Tadla-Azilal présenté le 26 décembre à Béni Mellal. Tous ces rapports illustrent sans équivoque la fragilité de l'offre de soins au niveau de ces régions du Maroc avec des dysfonctionnements en termes de services, qualité de santé et de la qualité de l'équipement médical mis à leur disposition, ces rapports révèlent des carences liées essentiellement au sous-équipement des hôpitaux et leur état de délabrement ainsi que l’insuffisance des effectifs et des soins tertiaires.