Androcur et risque de tumeurs : l'ANSM met en place un numéro vert

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a adressé des recommandations aux patients et aux professionnels de santé concernant l’Androcur. Selon l’agence, ce traitement doit être examiné par un comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) créé pour l’occasion. Et pour cause : une nouvelle étude de l’Ansm montre un lien entre la prise d’Androcur® sur une longue période et le développement de méningiome.

Un numéro vert pour répondre aux interrogations des patients traités a été mis en place en France. Les patients sont aussi invités à consulter leur médecin, sans urgence, pour discuter de l'intérêt de la poursuite de leur traitement et évaluer la réalisation d'éventuels examens complémentaires".

L'Androcur est un traitement hormonal commercialisé par Bayer, prescrit à des femmes pour lutter contre une pilosité excessive ou l'endométriose.

L’étude, réalisée par l'ANSM et l'Assurance maladie montre qu'il multiplie par sept le risque de méningiome après plus de six mois d'utilisation à fortes doses et par 20 après cinq années.

Selon l'endocrinologue Jean-Michel Race, de l'ANSM, "On s'attendait à trouver un risque mais son importance chez des femmes traitées à haute dose et surtout de longues durées nous a surpris et cela constitue un fait nouveau qu'il faut prendre en compte dans l'évaluation du rapport bénéfice/risque de ce produit ".

L’acétate de cyprotérone, principe actif de l’Androcur, est utilisé normalement pour traiter le cancer de la prostate ou les hirsutismes à la dose de 50 mg par jour. Par ailleurs, l'acétate de cyprotérone est indiqué à la dose de 100 mg par jour dans le traitement des paraphilies. Mais malheureusement ce médicament est aussi prescrit "hors-AMM" aux femmes souffrant d’acné rebelle, d’endométriose ou en guise de contraception (en particulier en cas d'hyperandrogénie).